Mardi 6 mai 2008

Education, état des lieux, rapide retour sur les origines

Comprendre le malaise actuel de l’école oblige à un certain nombre de détours et à une connaissance du passé récent. C’est ce que je vais faire en deux volets, avant d’avancer une réflexion sur ce que pourrait être une école du futur, digne de ce nom.

Chacun, à des degrés divers, selon qu’il appartient à la société civile, à ceux qui sont dans l’institution scolaire, ou à ceux qui sont en charge de son pilotage, s’accorde à dénigrer notre système éducatif, à dire que tout va mal, à chercher des « boucs émissaires » et des responsables de ce malaise largement mis en scène… et ce, depuis environ deux ou trois décennies.

Pour comprendre ce qui se joue à ce niveau précis de notre société, niveau très significatif puisque tous passent (ou sont passés) par son « filtre » : l’école (au sens large du terme) concerne (ou a concerné) tous les français durant leur enfance et leur adolescence (obligation scolaire entre 6 et 16 ans, depuis l’ordonnance Berthoin, de 1959), il importe de revenir sur ses missions, sur leur évolution, sur les rôles respectifs des parents et des enseignants dans la construction des jeunes individus situés dans cette tranche d’âge.

 

Penser l’école, c’est nécessairement penser en termes d’éducation, d’instruction, de formation, de lieu privilégié d’acquisition des connaissances, de socialisation de notre jeunesse.

Penser l’école renvoie obligatoirement à l’origine de ce mot : ECOLE vient du grec « skholè », signifiant « loisir » et « lieu d’étude », mot emprunté par le latin sous la forme « SCHOLA », désignant les « loisirs consacrés à l’étude, les cours ». L’évolution sémantique, expliquée par le grammairien Festus (III° siècle), montre que « l’école ne s’explique pas par l’oisiveté (…), mais par le fait que, toutes les autres occupations laissées de côté, les enfants doivent s’y adonner aux études dignes d’Hommes libres ».

Penser l’école conduit, également, à la vision qu’en avaient certains de ses concepteurs plus récents que ce passé lointain grec ou romain, et notamment, au moment des Lumières, à Condorcet (1743- 1794), qui, dans son projet d’instruction publique, réclamait que l’école « forme des citoyens qui ne s’en laissent pas conter, mais qui entendent qu’on leur rende des comptes »… c’est-à-dire, des Hommes libres, dotés d’un solide esprit critique.

Ces quelques définitions, constitutives du concept d’école,  peuvent laisser rêveurs les hommes d’aujourd’hui. La première référence est faite aux « loisirs », c’est-à-dire à l’idée de liberté, de temps dont on dispose pour soi et renvoie à l’essence même de ce que devrait être l’école : une période de sa vie durant laquelle on s’occupe de soi, pour se construire, développer ses propres possibilités, durant laquelle nous est offert ce luxe extraordinaire… La seconde référence latine ajoute trois nuances essentielles, celle de liberté, celle de la dimension humaine et de la sagesse acquises par la liberté de l’esprit, et en allant jusqu’au bout, celle de citoyenneté.

Notre école républicaine, publique, laïque, gratuite et obligatoire avait dans ses fondements ces idées de libération de l’Homme par l’accès à la connaissance, par la formation de l’esprit critique, par l’accès à la citoyenneté.

Ce qui est certain, c’est que l’école de la III° République, portée par l’idéologie de l’Etat républicain et des Droits de l’Homme, a unifié culturellement notre pays.

Elle s’était donné pour objectifs de moraliser le peuple grâce à l’éducation, de lui permettre d’échapper à la sous- prolétarisation par la culture, d’affirmer ainsi sa dignité. Même si des courants politiques divergents existaient, même s’il existait un système inégalitaire, même s’il y avait, en parallèle, une école du peuple et des collèges et lycées bourgeois, cette école était devenue, dès la fin du XIX° siècle, un moyen incontesté d’intégration des classes populaires en ouvrant à la citoyenneté, dans l’espace universel des Droits de l’Homme et conduisant à respecter un ordre social confondu avec l’ordre républicain.

 

Face aux tensions diverses : droite monarchiste, église, mouvement socialiste et syndical, l’école de la République a constitué un puissant instrument politique pour le pouvoir en place. Cependant, les idées et les mouvements à combattre étaient à l’origine de ses principes fondamentaux : principes de laïcité, voire d’anticléricalisme, principes d’universalité et d’unité, coupure d’un environnement jugé dangereux.

L’école républicaine avait arraché les enfants à l’église, à l’usine, aux travaux des champs : monde scolaire et monde du travail avaient été radicalement séparés. Chaque écolier était pensé comme un futur citoyen auquel il importait d’inculquer les principes de la République : Raison, Morale universelle, Patrie, Droits de l’Homme.

 

Si cette vision peut paraître quelque peu idyllique, a besoin d’être nuancée, elle n’est pas exempte d’un immense revers qui n’est autre que la volonté du politique de légitimer, par l’école, un ordre social inégalitaire.

Cependant, cette école républicaine a permis à bien des élèves de souche populaire de s’élever dans la hiérarchie sociale, quand leur valeur personnelle était reconnue. Le journal syndical des instituteurs, jusque dans les années soixante (c’est-à-dire, jusqu’au début de la V° République) se nommait « L’école libératrice » et cela traduit, en quelque sorte, l’esprit de toute cette longue période. Il est vrai que l’école d’alors, même si elle n’était pas perçue comme un instrument de promotion sociale, jouait en partie ce rôle, au même titre que celui d’intégration par le politique, sans devenir, comme c’est le cas aujourd’hui, un instrument d’exclusion.

Ce rôle, elle le partageait avec les familles. Il n’est pas rare, en effet, de trouver dans les « histoires de vie » des instituteurs et professeurs des cours complémentaires ou des collèges municipaux de la fin des années cinquante des phrases de ce genre : « L’enseignant était considéré comme le Régent, c’est-à-dire, celui qui se substitue au père de famille (comme sous la monarchie) pour instruire et éduquer. La plupart des familles acceptaient les châtiments corporels bien qu’ils fussent interdits ».

Il n’est pas rare, non plus, de trouver des réflexions de ce type :  « Les valeurs fondamentales du système éducatif des années cinquante semblent directement héritées de celles qui fondèrent l’Ecole de la III° République. Respect de la laïcité, mais aussi profond respect de la liberté de conscience des familles. Il fallait éviter toute attitude ou tout propos susceptible de froisser leurs convictions. Les valeurs enseignées étaient celles de la Morale Universelle, inspirée de la morale judéo-chrétienne, mais englobant les principes républicains. Il nous fallait  instituer la République, mettre en place, debout, la Démocratie ». « L’école enseignait des valeurs mais avait aussi des devoirs vis-à-vis des enfants qui lui étaient confiés. Elle se devait de les libérer, de leur donner les moyens de s’arracher à leur milieu social, en éveillant leur intelligence, leur raisonnement, leur esprit critique afin qu’ils puissent juger, apprécier sans a priori et rester impassibles devant une influence extérieure ».

« L’enseignant, présumé, à tort, savoir tout faire était souvent sollicité. Réputé détenteur d’un savoir officiel, on voyait alors en lui le « maître » en général, apte à démêler toute situation confuse ou réputée délicate, à conseiller dans la rédaction d’une lettre administrative, aussi bien qu’à guider lors d’une démarche inhabituelle. »

 

(Propos recueillis à l’occasion de ma recherche, et riches d’enseignements… Ces « histoires de vie » constituent une mine, une grande page de notre histoire, histoire malheureusement trop souvent ignorée !)

 

Entre tout ce qui vient d’être précisé, relativement à l’école et à sa fonction originelle, relativement au vécu des enseignants d’avant les réformes des années soixante, et ce que nous vivons et entendons à propos de notre système scolaire actuel, nous pouvons prendre une première mesure des abysses.

Jusque dans les années soixante, il existait une sorte de symbiose entre la volonté du système et celle des familles. Quand l’un des maîtres explique que « l’enseignant était considéré comme le Régent », qu’il se « substituait au père de famille pour instruire et éduquer », nous pouvons considérer que tout est dit.

Si « instruire » signifie « mettre en possession de connaissances nouvelles », « dispenser un enseignement », « éduquer », de son côté, veut dire « élever, avoir soin de, former, instruire ». Eduquer exprime, de plus, l’idée de « faire sortir de », traduit « l’expression d’un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur ». Ces deux termes sont cependant très proches sur le plan de leur signification. C’est pourquoi, lorsqu’on les oppose, lorsqu’on réserve à la famille le rôle d’éduquer, et à l’école celui d’instruire, on est dans l’erreur. Famille et école devraient procéder du même principe, travailler dans le même sens.

Ce fut le cas dans un passé pas si lointain que cela, (puisqu’il ne nous plonge qu’une cinquantaine d’années en arrière, c’est-à-dire, peu à l’échelle historique), et l’on peut lire ceci, dans l’une des « histoires de vie » recueillies : « Mes parents avaient subi de plein fouet la crise des années 30. Je suis fils unique, une réaction contre la précarité qu’ont vécue mes parents qui vénéraient, le mot n’est pas trop fort, l’enseignement. Pour eux, le seul malheur insurmontable au pauvre était l’ignorance, mais l’instruction devait venir à bout de toutes les discriminations sociales. »

Ce qui a disparu de notre imaginaire collectif, ce qui a quitté le champ social, c’est cette sorte d’état de grâce, ce moment où les hommes avaient foi en l’avenir et où cet avenir passait par l’école. Ce qu’exprime ce vieux monsieur, (encore en vie même s’il a aujourd’hui dépassé 85 ans), relativement à son enfance, est exemplaire du genre. « Parents qui vénéraient l’enseignement », « seul malheur insupportable au pauvre » nommé « ignorance », « instruction » devant « venir à bout de toutes les discriminations sociales » !

Nous sommes à mille lieues des discours destructeurs convenus et abondamment distribués depuis la fin des années soixante dix.

Il y a une explication à cela, elle est très simple, mais comme tout ce qui touche au politique, elle est soigneusement cachée : quand on a parlé des progrès de la démocratisation scolaire des années soixante… pour le politique, il s’agissait de tout autre chose. Un examen attentif de l’exposé des motifs de l’ordonnance Berthoin permet de déceler le sens caché de ces réformes et de comprendre pourquoi, depuis, l’école est devenue responsable de tous les maux, pourquoi l’image des enseignants est devenue ce qu’elle est…pourquoi s’est installé un hiatus apparemment insurmontable entre le monde de l’école, le monde des parents et le monde tout court.

 

Réforme Berthoin, la rupture

Nous avons posé quelques définitions, quelques repères, fait état de ce qu’était l’école jusqu’aux années cinquante et signalé que la réforme Berthoin, présentée comme la grande réforme de l’éducation, puisqu’elle prolongeait la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans (au lieu de 14 ans), puisqu’il était prétendu qu’elle « démocratisait » notre enseignement contenait, en fait, bien des dangers.

Pour en comprendre la portée, il importe de préciser que jusqu’à cette Ordonnance du 6 janvier 1959, notre système scolaire se constituait de deux ensembles parallèles : le primaire, avec son primaire supérieur, essentiellement réservé aux « classes populaires », et le secondaire, avec ses classes élémentaires (de la 11° à la 7°) annexées aux lycées ou aux collèges municipaux, réservé à « l’élite bourgeoise ».

Primaire et primaire supérieur :les école primaires conduisaient au certificat d’études primaires, passé à 14 ans, les écoles primaires supérieures conduisaient au brevet supérieur, passé autour de 18 ans, diplôme exigé pour être instituteur ; et les cours complémentaires conduisaient au brevet élémentaire, passé vers 15 ans, à certains concours administratifs et au concours d’entrée à l’école normale d’instituteurs.

Secondaire : les classes élémentaires, puis secondaires conduisaient au seul baccalauréat.

Une réforme des années 40 avait permis aux élèves des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires d’accéder au baccalauréat moderne. (Réforme Carcopino, Première partie du baccalauréat, M’, et seconde partie, sciences expérimentales.)

Les deux ensembles parallèles n’étaient donc pas totalement étanches, et tous les enfants qui en avaient les possibilités pouvaient accéder au baccalauréat et à des études supérieures scientifiques tout au moins.

La question de créer un système unique pour tous les enfants était, en fait, dans l’air, depuis la première guerre mondiale, depuis que tous les soldats, issus des classes populaires, ou bourgeoises, athées ou religieux s’étaient retrouvés dans les tranchées et avaient eu la possibilité de se connaître, de se comprendre et d’échanger. Un groupe était né de cette cohabitation : les Compagnons de l’Université Nouvelle qui n’a eu de cesse d’œuvrer, entre les deux guerres, pour tenter de créer un système scolaire commun pour tous les petits Français.

Si, une dizaine, au moins, de projets avaient été formulés et déposés dans ce sens, aucun, même approuvé, n’avait pu voir le jour !

Il nous faut considérer que la réforme Berthoin est une Ordonnance, qu’elle a été imposée par le Général de Gaulle, tout juste trois mois après son arrivée au pouvoir, soit, dès le début de notre V° République.

Si cette Ordonnance s’inspire en partie des différents projets qui l’avaient précédée, elle s’en différencie à divers titres qu’il importe de détailler parce qu’ils contiennent, en germes, toutes les difficultés auxquelles notre Ecole a dû faire face depuis, et une lecture attentive de « l’exposé des motifs » de cette ordonnance permet de pointer les problèmes futurs.

Ainsi, elle institue « un cycle d’observation, ouvert après l’enseignement élémentaire et comportant, avec la progression normale des études, l’observation des aptitudes des enfants ». Cependant, « les classes qui constituent le cycle d’observation font partie intégrante de l’établissement où elles sont installées », (écoles primaires, cours complémentaires, premier cycle des lycées et collèges) et la circulaire du 9 juin 1960 organise la « dispersion géographique du second degré », met en place les « groupes d’observation dispersés » (GOD).

Notons donc, au passage, que rien ne fixe l’esprit des enseignements (primaires supérieurs ? secondaires ?) ce qui fait que, dès la mise en application de la réforme, les tensions entre les corps enseignants ont été grandes. Une lecture des journaux syndicaux de l’époque (Université Syndicale, pour le secondaire, et L’école libératrice, pour le primaire) permet d’en prendre la mesure ! C’est une forme de haine profonde entre les deux groupes, chacun tentant de prouver qu’il détient la Vérité en matière d’enseignement! Le secondaire incarnant l’excellence, se distinguant par la primauté qu’il donnait à l’abstraction, aux langues anciennes et à l’étude des « Belles Lettres », le primaire alléguant de ses enseignements concrets, ancrés dans le réel, de sa proximité sociale avec les enfants des couches populaires que la réforme allait intégrer majoritairement.

Par ailleurs, et c’est fondamental, l’exposé des motifs de cette Ordonnance exprime en toutes lettres : « L’immense mouvement, à la fois démographique, économique et humain qui bouleverse actuellement les perspectives traditionnelles de la vie nationale impose, entre autres exigences, une réforme de notre enseignement » pour répondre à « une demande économique » . (…) Cette réforme, « nous l’avons conçue sous la référence du réalisme et de l’efficacité ». Ces questions de réalisme  et d’efficacité sont reprises sous une autre forme, quelques lignes plus loin, en termes « d’investissements et de profits », ces deux aspects « investir à pleins profits », justifiant à eux seuls la création de « cycles d’observation » et une « exacte recherche des aptitudes », afin d’éviter « aux lycées d’être bientôt submergés », et à « l’enseignement secondaire de succomber sous la pléthore ».

Sur le plan des investissements, le texte est également clair : « Il ne nous paraît pas nécessaire de subordonner la réalisation effective de la réforme à la construction, inévitable et très coûteuse d’écoles moyennes, à raison d’une ou plusieurs par canton, ou même à la constitution, pourtant plus aisée et moins onéreuse, d’unités d’enseignement moyen  conformes aux normes du projet approuvé en 1955 par le gouvernement d’alors ». (Projet jamais appliqué pour des raisons de coût, mais auquel avait déjà travaillé le ministre J. Berthoin, en collaboration avec le Conseil National du Patronat Français (CNPF) et procédant d’une théorie américaine très en vogue, la Théorie du capital humain).

Sur le plan de la formation des enseignants destinés à mettre en place cette réforme, le texte est tout aussi clair : Pas question de former des enseignants du secondaire, mais création d’un « certificat d’aptitude pédagogique pour les CEG » (nouveaux collèges créés par la réforme, aux côtés des premiers cycles des lycées), « ouvert aux instituteurs et institutrices ayant accompli leur scolarité normale dans les Centre régionaux de formation des futurs professeurs de CEG »…

Sans aller plus avant dans la lecture de cet « exposé des motifs » de l’Ordonnance fondatrice du système dans lequel nous évoluons toujours, il faut noter l’esprit qui l’a sous-tendue (efficacité privilégiant les formations concrètes plutôt que la tradition humaniste), la volonté qui l’a animée (réponse rapide exigée par la conjoncture économique), l’idéologie sur laquelle elle s’est fondée (théorie économique du « capital humain », nommé comme tel dans le texte).

Ainsi, ce qui a été présenté à l’ensemble des Français comme le grand progrès de notre système éducatif, comme grand le projet de démocratisation de l’enseignement secondaire, n’était, en fait, qu’une réponse partielle à une demande du patronat pour pallier un déficit en « cadres », «ingénieurs », « techniciens supérieurs »… dont notre économie manquait cruellement.

Mais, il y a plus grave : ce faisant, il a été demandé aux enseignants (quelle qu’ait été leur origine, primaire ou secondaire) de sélectionner les élèves dont ils avaient la charge. A cet effet a été créé le « cycle d’orientation », succédant au « cycle d’observation », et ce sont les enseignants eux-mêmes, sur des critères jamais réellement définis, (mais d’ordre purement scolaire) qui ont été chargés, dès les années soixante, de décider de l’avenir de leurs élèves ! 

Or, « une école dans laquelle on sélectionne ne peut être une école dans laquelle on éduque, instruit, ou enseigne », (pour reprendre le propos d’Albert Jacquard) .

L’essentiel du problème se situe à ce niveau précis : l’école de la République, « vénérée par les parents » est devenue l’école de la sélection… au moment -même où l’on mettait en scène l’enfant roi, où les parents, aidés en cela par des médias du type télévision, voyaient, en leur progéniture l’incarnation du « divin » à laquelle il ne fallait surtout pas toucher un cheveu!

Dans le même temps, la société faisait que les enseignants, avec « leurs salaires de misère », face à des artisans, des petits commerçants, des employés du secteur privé … souvent incultes, qui profitaient largement de la société de consommation et pouvaient étaler leur « richesse » et leur luxe, ont été rapidement méprisés et désignés comme les responsables du malaise global.

Les valeurs qui avaient fondé notre école républicaine se sont progressivement effacées au profit d’une nébuleuse telle que chaque ministre de l’éducation en exercice a ajouté « sa réforme », réforme allant le plus souvent vers une économie de moyens : Il suffit, par exemple, de comparer l’horaire d’enseignement du français dans nos classes de sixième et de cinquième à la fin des années 60 et l’horaire actuel dans les mêmes classes (6 heures par classe si l’effectif des élèves n’atteignait pas 24, 9 heures au-delà du vingt-quatrième élève ; 4,5 heures actuellement, sans limite au niveau de l’effectif). Il suffit également de s’intéresser aux différents programmes et instructions pour prendre la mesure des dégâts. Le pédagogisme jargonnant a pris le pas sur le bon sens, sur la rigueur, sur la formation des esprits. Quel crédit accorder, alors, à ceux qui pratiquent ces nouvelles formes ? Mais, sont-ils responsables d’appliquer les règles édictées en haut lieu, de respecter les instructions officielles ?

Si, même inégalitaire, le système en vigueur jusqu’à la réforme Berthoin avait réussi à socialiser notre jeunesse, celui, soit disant plus égalitaire, qui lui a succédé depuis a eu bien du mal à y parvenir.

Il a d’autant plus de mal à y parvenir que la réforme Berthoin, imposée par Ordonnance, nous ne le répèterons jamais assez, ne correspondait pas aux attentes d’une majorité de familles modestes. Une étude réalisée en 1960 par MM. Girard et Bastide fait état d’une désapprobation, pour 40% de la population française, correspondant à l’ensemble des milieux ouvriers : « position réticente de la part des familles ouvrières, véritable dégoût pour beaucoup d’enfants devant la perspective de devoir aller en classe deux ans de plus, au lieu d’entrer dans une profession dès 14 ans, prolongation souvent ressentie comme une charge par la classe ouvrière, et non comme une chance (…) L’image de l’enseignement que se fait cette couche sociale est très particulière et fortement teintée de conscience de classe. Ils sont fiers d’appartenir à la classe ouvrière et des qualités qu’on y trouve. Lui échapper, serait-ce au moyen d’études, de promotion individuelle pour adultes ou autre moyen d’études longues et abstraites, leur paraît souvent comme une trahison ».

Nous n’avons évoqué que quelques aspects de la question, mais ils sont déjà suffisamment clairs pour mettre au jour le malaise originel du futur collège unique. Présenté au public en général, y compris au monde enseignant, comme une grande œuvre de démocratisation de notre institution scolaire, il s’agissait en fait d’une réponse (un peu hâtive, pas suffisamment pensée) à une demande du patronat français pour répondre à un besoin économique !

Fi de l’esprit de l’école républicaine que nous avons défini, fi de l’excellence des collèges et lycées bourgeois qui existaient en parallèle ! La solution adoptée en 1959 ne correspondait à aucune réelle demande sociale, mais elle s’assujettissait, déjà, à l’économie !

Si ce système a fonctionné tant bien que mal pendant une large décennie (jusqu’à la première crise pétrolière), ce qui s’est produit depuis, au niveau de nos sociétés occidentales, l’apparition du chômage de masse, la crise des valeurs, l’avènement de la société de consommation, de l’enfant roi, l’abrutissement des masses par la télévision, la perte des repères et de la conscience de classe… ont poursuivi l’œuvre de démolition entamée !

Si l’école républicaine avait réussi à socialiser notre jeunesse, l’école actuelle s’est contentée de la scolariser, sans se soucier de cet aspect essentiel qu’est la socialisation.

Repenser l’école du futur impliquera de prendre en compte cette dimension essentielle… les questions d’éducation, d’instruction, de formation pourront alors être résolues !

Il semble, malheureusement que les directives européennes, celles de l’OMC, de l’OCDE ou de l’ERT ne nous laisseront pas le loisir de repenser cette école du futur : les prédateurs sont à l’affût, « croissance à deux chiffres » et bénéfices obligent ! Les textes produits en « haut lieu » ( !!!) laisseraient à l’école publique le seul soin de s’occuper de ceux qui ne seront pas rentables dans un futur proche ! La honte ! Une fois encore !

Anny Sire

A signaler sur LES MOTS-TOCSIN, la page des "Horreurs officielles - Perles en tous genres"
, ainsi que cette analyse dans le N° 40 de Riposte laïque : ECOLE PUBLIQUE ECOLE LAIQUE - Le mouvement s’amplifie contre le démantèlement de l’Enseignement public - mardi 6 mai 2008, par Pierre Baracca. 

Yves

 


 

 

 

par ERIC
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Lundi 5 mai 2008

Plus bas, j'ai dédié à Bonnet d'âne, le blog de Jean-Paul Brighelli, un petit texte d'Ernest Pérochon . Celui-ci n'est pas mal non plus , même si la chute n'est vraiment pas actuelle. De nos jours les Ignace n'échouent pas ... Il ne peuvent pas échouer ! Ils tiennent le fusil ! Nous, on creuse ...

Hervé

« Le mérite »

 

  

 

     "Ignace n'aime ni la chasse, ni la pêche, ni la promenade, ni son jardin, ni ses livres. II n'aime pas davantage ses élèves. II ne vit que pour l'avancement.

     Dès l'Ecole Normale, ses camarades le jugèrent. II ne plaisait pas. Paresseux, dépourvu d'esprit, élève des plus médiocres à tous égards, il réussit pourtant au prix de quelles ruses! à sortir dans le premier tiers.

     On ne le connut pas longtemps instituteur-adjoint. Il eut pourtant trois directeurs, monta, très vite, du village au bourg et du bourg à la ville. Ses directeurs le prirent pour ce qu'il valait ; mais, au village, il fit la connaissance du président du comité politique, au bourg, d'un conseiller général très remuant et, à la ville, il se faufila chez le député, homme de droite, et chez le sénateur, vieux de la vieille République.

     Ses chefs, qui jusqu'alors, l'avaient assez médiocrement noté, comprirent enfin leur erreur.

Ignace revint au bourg, mais avec des adjoints, qu'il s'employa avec ardeur à faire travailler. Les adjoints ayant fait de leur mieux ; il fallut bien récompenser Ignace. Tout jeune encore, on le ramena donc à la ville où on le plaça à la tête d'une école importante.

     Ignace devrait être heureux. II occupe un poste de choix où de bons collaborateurs assurent tous les succès que l'on peut espérer. Il a les récompenses qu'il veut : lettres de félicitations, médailles, promotions au choix, palmes académiques, mérite agricole ...

     Et pourtant Ignace n'est pas heureux!

     Il y a, dans le département, une école plus importante que la sienne. Le directeur de cette école va prendre sa retraite. Qui le remplacera ? Un candidat est déjà connu, dont le mérite est incontestable et incontesté. Ce candidat est porté, pour ainsi dire, par l'estime de ses chefs et de ses collègues. Personne ne songe sérieusement à lui opposer Ignace. Car ce dernier, après tout, malgré sa situation en vue, on sait à peu près ce qu'il vaut...

     Patience ! Ignace travaille !

     Il serait dangereux d'attaquer franchement le concurrent. On biaise, On tâte, on cherche le point vulnérable. Ignace connaît déjà tous les sénateurs, tous les députés, la plupart des conseillers généraux. Mais un nouveau préfet vient d'arriver : Ignace aussitôt se fait présenter. Son plus ferme soutien, jusqu'à ce jour, a été le neveu d'un archevêque. Mais ne dit-on pas que le vent tourne ? Eh qu'importe! Ignace est franc-maçon.

     Tout cela ne serait quand même point suffisant cette fois. Ignace, lui-même, le sent. Aussi va-t-il jouer le grand jeu : c'est le ministre en personne qu'il va intéresser à son sort. Ce ministre a pour ami très intime un médecin célèbre. On le sait ; les journaux l'ont dit. Ignace, de son côté, a, chez lui, une belle-mère souffrante et qui devrait même mourir. Elle est, en effet, atteinte d'un mal assez rare, et qui ne pardonne pas. Or, malgré la loi et les prophètes, elle ne semble pas encore décidée à passer sur l'autre rive. Ignace mène la pauvre vieille chez le médecin célèbre. Devant ce beau cas, l'ami du ministre s'étonne, puis se frotte les mains, laisse voir une grande joie. Il fera une communication à l'Académie de Médecine.

     Je parie pour Ignace.

     Mais quand il sera au sommet, à quoi pourra-t-il bien occuper sa vie ? Que deviendra-t-il ?

     Peut-être aura-t-il l'ambition, pour couronner sa carrière, de diriger une association professionnelle ou de siéger au conseil départemental. Pour cela, il lui faudra solliciter les suffrages de ses collègues. Prévenons Ignace! il échouera pitoyablement. Le plus modeste des adjoints du village l’emportera sur lui."

 

E. Pérochon. - L'Instituteur. Librairie Hachette. 1927


 

 

par ERIC
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Dimanche 4 mai 2008
Deux nouvelles, une bonne et une mauvaise ...
 
Allez, je commence par la bonne.

Une petite, oh toute petite épine dans le talon (de fer) du libéralisme ...
 
"Le premier collège «public privé» retoqué par la justice"
 
"Le partenariat public privé (PPP) qui a accompagné la construction du très controversé collège de Villemandeur (Loiret) a vécu. Le tribunal administratif d'Orléans saisi par un groupement local d'artisans du BTP vient d’annuler la délibération qui permettait la construction et la gestion privées de cet établissement sous un mode unique en France. En échange de la prise en charge de la construction du collège (13,5 millions d'euros), une filiale du groupe Vinci recevait la concession de l'établissement (fonctionnement, entretien...) pendant une durée de dix ans. La fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) du Loiret qui avait milité contre le principe de laisser «des pans entiers d'un collège au secteur privé» ne cache pas sa satisfaction. Même si de nombreuses questions restent en suspens. «Si le conseil général récupérait la bâtisse, comment pourrait-il indemniser l’entreprise qui a investi des fonds importants ?», s’interroge Martine Rico, sa secrétaire départementale. «J’imagine que les crédits n’ont pas été provisionnés».

(Lire la suite : 
http://www.libeorleans.fr/libe/2008/04/le-premier-coll.html )
 
Maintenant, la mauvaise ...

Elle n'est d'ailleurs que la suite de la vaste entreprise de destruction de la fonction publique à la française .... C'est du lourd, du costaud, genre rouleau compresseur ...

Le rapport Silicani sur la fonction publique et garanties d’indépendance de l’Etat, vous connaissez ?
 
 
Les propositions de Jean-Ludovic Silicani sur la « réforme » de la fonction publique mettent en cause des aspects essentiels de la stabilité de l’emploi des fonctionnaires et, par là, du fonctionnement de l’Etat et des administrations depuis la Libération. Outre la précarisation de la situation des agents, elles paraissent de nature à supprimer à terme l’essentiel des garanties de transparence, d’indépendance, de neutralité et d’impartialité de nos institutions.
Le « Livre blanc » de Jean-Ludovic Silicani sur l’avenir de la fonction publique française ...
"Une « réforme » à l'envers ? Le conseiller d'Etat Jean-Ludovic Silicani a remis au ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique Eric Woerth et au secrétaire d’État chargé de la fonction publique André Santini un rapport de 236 pages intitulé « Livre blanc sur l'avenir de la fonction publique », accompagné d'une synthèse de 17 pages et d'une vidéo.
Ses propositions visent principalement le statut des fonctionnaires « de base ». Mais est-ce par eux que devrait commencer une éventuelle réforme de l'Etat et de la fonction publique ? "

La suite ici, avec des tas de liens :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/18/la-libre-blanc-sur-l-avenir-de-la-fonction-publique-de-jean.html 
 
Et, pour terminer, sans doute une première application directe :
la remise en cause des commissions paritaires ...
 
Ce communiqué du Snes mais les autres syndicats doivent avoir la même chose :
 
"Des discussions doivent rapidement se conclure dans la fonction publique sur la « rénovation du dialogue social ». Le gouvernement prévoit la réduction du rôle des commissions paritaires dans lesquelles siègent les élus du personnel.
En particulier, les mutations et les affectations des personnels ne seraient plus étudiées par commissions paritaires. Cette mesure pourrait prendre effet dès la rentrée 2008. Cela interdirait, aux élus du personnel, d’améliorer les projets de mutation et d’affectation élaborés par l’administration et de s’assurer qu’ils respectent des règles équitables, connues de tous, applicables à tous.
La porte serait ainsi ouverte à des mutations et à des affectations à la tête du client et à toutes les magouilles.
Le SNEP, le SNES, le SNUEP lancent une pétition à signer en ligne. Nous vous appelons à la signer et à la faire signer.
Ce projet est la première traduction concrète d’une transformation radicale des règles de la fonction publique visant à remettre en cause le principe de règles statutaires, les concours de recrutement, introduisant le salaire au mérite etc. Tout cela est rassemblé dans le rapport Silicani qui constitue la base des négociations sur l’avenir de la fonction publique. Le secrétariat général."
 

par ERIC
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Samedi 3 mai 2008

A peine deux semaines après la disparition de l'auteur du
"Discours sur le colonialisme" 
et du "Cahier d'un retour au pays natal"

Devant 500 patrons français et tunisiens, au deuxième jour de sa visite
d’Etat, le président français a déclaré :

"Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée,
nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation (...)"
 

Mais pourquoi ces quelques mots m'ont-ils fait irrésistiblement penser
à cette ancienne gravure ?

Et je n'ai pu m'empêcher d'ajouter : " et un beau cheval blanc ..."

Oui, pourquoi ?



 

par ERIC
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Vendredi 2 mai 2008

 

1er mai 2008
Paroles de manifestants ...


"Qu'est-ce que c'est que ce gouvernement
qui veut nous tuer au boulot pendant que nos enfants
sont au chômage !"

Les lycéens : "Un seul poste à supprimer :
c'est celui de l'Elysée !"

"Assez de cadeaux pour la France d’en haut !
Assez de coups bas pour la France d’en bas "

" Ceux qui n'ont pas aimé Mai 68 vont détester mai 2008 !"

"Le travail tue, vive le droit à la paresse"

“C’est la loi qu’il faut changer, c’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers“

"La dictature est lancée, la France va morfler"

"La Sécu nous appartient, agissons pour la garder"

"Du travail pour tous, des retraites pour chacun“ 


 "L'argent public pour les services publics"
 
"Parents licenciés, enfants sacrifiés, ça ne peut plus durer, ça va péter"

"Emplois supprimés, salaires bloqués, retraites comprimées,
Sarko, Fillon, ça ne plus durer, ça va pêter"

"Rognons sur les profits pour créer des emplois,
de l'argent il y en a dans les caisses du patronat"
   


A compléter ... A vous ...  

 

Merci Jérémy, Elodie, Denis (de SUD-Education),Chantal, Louise Michel :-), Laurent, Hervé, Denis  ... 


par ERIC
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Vendredi 2 mai 2008

« Il faut acquitter Adolphe,  mais fouetter les donneurs de conseils. »

 

Ah, merci pour cette nouvelle fenêtre et vivement que la liste de discussion des Mots-Tocsin fonctionne de nouveau … J’en avais un peu assez du salon brighellien (Bonnet d’âne). Si les éditos du maître des lieux ne sont pas inintéressants, même si ces derniers temps ils ont plutôt tendance à être un peu trop « la voix de son maître », les « commentaires » sont la plupart du temps un vaste café du commerce où tout se dit, se répand, s’étale, se délite … Le presque courtisan qui y va de son « Cher Xavier » et le tutoie,  tient salon et comme disait Chamfort, « Amitié de cour, foi de renards, et société de loups ». Bref l’endroit est malsain et l’on y perd beaucoup de temps. Pourtant, quelques rencontres, mais même là, on s’écoute beaucoup, et celui qui émet une petite réserve, une hésitation, un doute, est vite remis à sa place, avec quelques injures parfois … Ce lieu est devenu un temple et qui n’adore pas l’éternel n’y a pas vraiment sa place.

 

Dommage …

 

A ces zélateurs du savoir – et j’en suis, sans la religion - et à ces pourfendeurs de la pédagogie quand elle sombre dans la connerie – et je partage leur courroux -, ces quelques mots d’un « ancien », à méditer …

 

Hervé

 

   « Adolphe est un maître d'école extrêmement consciencieux. Il veut faire bien. Il veut trop bien faire : de là vient le mal. Chaque année, chaque mois, ses chefs, du ministre à l'inspecteur primaire, lui donnent leurs ordres. Chaque semaine, les rédacteurs de ses journaux, pédagogiques lui apportent leurs conseils. Il écoute docilement, beaucoup trop docilement, tout le monde. Il s'ouvre aux nouveautés comme un entonnoir et ne filtre pas. De crainte de rester en arrière, il s'élance à corps perdu sur le sentier aventureux qu'on vient de lui indiquer et qu'il prend pour la grand'route.

     On 1'a vu, lors d'une rentrée, faire acheter à ses élèves, afin de prolonger 1'action de 1'enseignement oral, des livres, des livres, des livres. Mais 1'inspecteur ayant marqué une légère surprise ; il les proscrivit tous, sans aucun délai, impitoyablement.

     Il fut pendant quelques mois, tourmenté par 1'enseignement du dessin, puis du chant, puis de la gymnastique. Il se passionna pour les expériences de cultures en pots, proposa exclusivement, durant tout un été, des problèmes se rapportant aux sociétés de mutualité, tomba dans le calcul mental écrit, s'attacha aux «centres d'intérêt » comme une chèvre à un piquet, adopta avec intrépidité les dernières propositions de la pédagogie expérimentale, choisissant les tests les plus délicats et les plus hasardeux pour les appliquer comme des cataplasmes.

    … Il faut acquitter Adolphe,  mais fouetter les donneurs de conseils. "

 

Ernest Pérochon . L’Instituteur. Hachette -1927

 

 


 

 

 

par ERIC
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Jeudi 1 mai 2008

A la suite de problèmes techniques
le site n'a pas été accessible
pendant une bonne semaine.
Depuis le dimanche 27 avril 2008 il est de nouveau en ligne.

ICI

Par contre la liste de discussion reste bloquée pour des raisons mystérieuses.
En espérant que cette situation ne dure pas trop longtemps
(comme on dit : nos techniciens y travaillent jour et nuit ...),


les colistiers et tous ceux qui le souhaitent
peuvent déposer ci-dessous des commentaires
ou me faire parvenir des propositions d'informations ou d'articles
qui pourront être mises en ligne sur ce blog ou sur le site. 

Attention, contrairement à la liste de discussion qui est privée
 et réservée aux abonnés des Mots-Tocsin, ce blog est public ...


Eric  

 


par ERIC
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Vendredi 7 mars 2008
  blanc
06/03/2008 - Communiqué
 
Le juge des référés du TGI de Paris ayant suspendu l’utilisation de données nominatives sur le site note2be.com, il n’apparaît plus utile en l’état à la CNIL de faire usage de son pouvoir de sanction. Cependant, elle considère le site note2be.com illégitime au regard de la protection des données personnelles.
 
Les contrôles effectués par la CNIL les 13 et 18 février 2008 ont permis de constater que le système de notation des enseignants de la société note2be.com poursuit une activité commerciale reposant sur l’audience d’un site internet qui ne lui confère pas la légitimité nécessaire, au sens de la loi, pour procéder ou faire procéder à une notation individuelle des enseignants susceptible de créer une confusion, dans l’esprit du public, avec un régime de notation officiel. La CNIL a également relevé que cette note était attribuée de façon subjective par des tiers dont on ne peut vérifier la qualité.
Conformément à ce que prévoit l’article 7 de la loi informatique et libertés, les enseignants doivent en effet être en mesure d’exprimer leur consentement. Dès lors, la société note2be.com ne saurait se prévaloir d’un « intérêt légitime » pour justifier l’absence de recueil du consentement des enseignants dont les données seraient diffusées sur son site internet.
Ceci étant, tenant compte de la publication de l’ordonnance du juge des référés du 3 mars 2008, la formation contentieuse de la CNIL, lors de sa séance du 6 mars 2008, n’a pas jugé utile de faire usage de son pouvoir de sanction. Toutefois, compte tenu du fait que la mise en ligne sur internet de la notation d’enseignants et de leur établissement d’activité était susceptible de porter atteinte à leur vie privée en diffusant une affectation qu’ils ont pu souhaiter conserver confidentielle pour protéger leur vie privée, leur famille ou leur intégrité physique, la CNIL se réserve la possibilité d’user de son pouvoir de sanction en cas de nouveau manquement constaté.
 
  CNIL - Dernière modification : 06/03/08  

..............

Reste l'autre, en sommeil : Note tes profs 

Et encore un autre : Je note mes profs   !!!
 


Et surtout l'Attali et le Pochard qui n'attendent qu'un dégraisseur de mammouth pour passer à l'acte ! Suivez mon regard !



Eric, le 6 mars 2008 


D'après un message d'Hervé sur Les Mots-Tocsin. 

par ERIC
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Lundi 3 mars 2008

Ne baissons pas la garde pour autant !

Le site persiste et signe !

Constatez par vous-même :
ICI

La pétition continue !


Eric, le 3 mars 2008

par ERIC
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Vendredi 29 février 2008

La déclaration-pétition des Mots-Tocsin
 a été envoyée ce jour au président de la CNIL


A suivre :

La décision du TGI suite au référé du SNES-FSU, le 3 mars

L'avis de la CNIL, le 6 mars

 

En attendant, l'action contre ces sites continue (voir les liens ci-joints, à droite) :

Appel au boycott des firmes fournissant de la publicité à note2be

La pétition du collectif "Respect de la loi informatique et libertés"

et

La pétition des Mots-Tocsin

 

 


Eric, le 29 janvier 2008
par ERIC
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